Delphine Grenier

Pour la première fois, j’ai eu la chance d’interviewer une artiste qui, dans un premier temps, se prénomme comme moi, mais plus important encore, est à la fois autrice et illustratrice de livres pour enfants. Parfois elle ne fait que les textes, parfois que la réalisation des illustrations mais le plus souvent les deux. Et de plus, Delphine Grenier a bien d’autres cordes à son arc. Elle m’a accordé une interview pendant le confinement, je vous laisse donc les découvrir tout au long de notre entretien.

Delphine Bourbon : Pouvez-vous me parler de votre parcours ?

Delphine Grenier : J’ai commencé par deux années d’ateliers préparatoires, ensuite je suis entrée aux Arts décoratifs à Strasbourg, j’ai commencé en sculpture, au départ c’était vraiment ce que je voulais faire. Par la suite, j’ai fait de l’illustration mais je ne suis pas passée par le tronc commun, j’ai directement été à des ateliers. J’ai fait de l’illustration, notamment, parce qu’il me semblait que l’on pouvait, par la suite, avoir la possibilité de travailler sur des projets très différents, ce n’était pas particulièrement pour travailler dans l’édition au départ. C’était une option possible mais il y en avait d’autres. J’aimais beaucoup le dessin animé également. Ensuite, j’ai passé mon diplôme à l’école de Strasbourg.

DB : Comment avez-vous débuté dans l’édition jeunesse ?

DG : Au début, je n’ai pas cherché à travailler dans l’édition, j’ai travaillé d’abord en tant que sculptrice, pour moi, pour des artistes et également pour des chorégraphes comme Découflé, Alfredo Arias ou en ce qui concerne le théâtre pour Madona Bouglione, je réalisais des pièces sculptées pour la mise en scène ou des accessoires pour les danseurs et, en même temps, j’ai travaillé pour la décoration en tant que dessinatrice et puis pour les fabrications de jeux ou de jouets pour Nathan. Par la suite, j’ai fait des allergies à la résine donc j’ai dû stopper toute mon activité de sculptures. À ce moment-là, j’étais sortie des arts déco depuis une dizaine d’années déjà. Et par la suite, toute la production est partie en Chine, beaucoup de commandes de sculptures étaient faites plutôt en Asie pour la résine. Donc j’ai commencé en même temps à travailler pour la gravure et pour l’édition.

DB : Comment naît un livre ? Est-ce que les maisons d’édition vous contactent pour que vous fassiez les illustrations d’un de leurs livres ou à l’inverse, est-ce que vous entrez en contact avec elles pour proposer vos illustrations et/ou vos textes ?

DG : Tout ça s’est fait de façon assez chronologique. Au début Didier Jeunesse m’a proposé des textes, ils avaient commencé la production de leur collection « À petits petons », j’ai travaillé sur plusieurs ouvrages de cette collection, au début nous sommes partis sur des projets d’albums. En parallèle, j’ai commencé à travailler pour la galerie L’art à la page sur des projets de livres d’artistes, notamment un en gravure qui s’appelle Zootango et en fait suite à la présentation de ce livre par la galerie L’art à la page, j’ai été contacté par le département de l’Hérault pour répondre à un appel d’offres. J’avais déjà commencé à écrire depuis quelques années. J’avais écrit plusieurs ouvrages en livres d’artistes pour enfants, mais également pour adultes et donc naturellement, j’ai conçu l’écriture et la réalisation des illustrations pour cet album. C’est de cette façon, que mon travail d’autrice illustratrice a débuté pour l’édition. Par la suite, j’ai proposé à Didier Jeunesse de m’accompagner sur ce projet d’appel d’offres et nous avons donné naissance à l’album qui s’appelle Déjà. Cela nous a permis, ensuite, de rebondir sur d’autres projets d’albums où je suis chargée de l’écriture. Mais en réalité cela fait à peu près dix ans que j’écris. J’écris des textes qui ne sont pas forcément destinés à l’édition jeunesse. Des textes que j’utilise en performance, en danse ou sur des projets de nouvelles, plus pour adultes. Donc le travail de l’album jeunesse écrit et illustré est venu finalement, de mon fait, car je faisais un travail que j’avais démarré depuis plusieurs années en écriture et disons que « le vélo » était lancé. Ce travail d’écriture est venu assez naturellement, ça n’a pas été une proposition de l’éditeur au départ.

DB : Est-ce que les éditeurs sont vos seuls interlocuteurs ou vous arrive-t-il également d’être en contact avec les infographistes ou d’autres personnes qui construisent le livre ?

DG : Oui, cela peut m’arriver parfois. En réalité tout dépend du fonctionnement de l’éditeur. Il y a des éditeurs qui sont très libres et ouverts là-dessus, d’autres travaillent d’une autre manière. C’est très variable. Quand on est illustratrice, on s’occupe forcément un peu de la mise en page pour les projets de l’image, on prévoit à quel endroit elle sera placée. Donc il y a déjà pas mal d’éléments qui sont mis en place avant la réalisation des illustrations.

DB : Vos livres sont édités à l’étranger. Comment cela se passe-t-il ?

DG : Je ne sais pas. Ça dépend du positionnement de l’éditeur avec son service de développement à l’international. Cela vient rarement de l’illustrateur au départ. C’est un accord entre éditeur étranger et français sur lequel on ne me demande pas de participer. C’est la raison pour laquelle je ne pourrais pas vous expliquer.

DB : Donc vous n’avez pas votre mot à dire pour que l’un de vos livres soit édité à l’étranger.

DG : Non, pas pour le moment. Je ne sais pas peut être cela dépend des éditeurs, des personnes. Je ne suis pas très intrusive là-dessus, peut être que d’autres le sont plus. En général, je suis même au courant quand le livre est déjà produit à l’étranger et c’est toujours une bonne surprise pour moi.

DB : La période du confinement dans laquelle nous sommes, me suggère une question tout naturellement. Est-ce qu’il vous arrive de vous rendre dans les maisons d’édition ou travaillez-vous toujours avec eux à distance ?

DG : Oui, je me déplace souvent. Je suis en région parisienne et je travaille essentiellement avec Didier Jeunesse donc c’est assez facile pour moi de me rendre dans leur maison d’édition pour travailler avec eux. Cela n’est pas obligatoire, mais je peux le faire et je le fais quand on peut se déplacer évidemment.

DB :  Avez-vous des projets de développement ou d’amélioration ?

DG : J’ai un projet d’album qui devrait sortir prochainement, quand exactement je ne le sais pas ce sera avec Didier Jeunesse.

DB :  Pouvez-vous m’en dire quelques mots ?

DG : Non, je ne préfère pas en parler, car il est en cours d’élaboration, il y a encore des éléments qui peuvent changer. C’est dans la continuité de Déjà et Un arbre merveilleux, mais il faut que je le reprenne en main et que je travaille dessus d’ici cet été pour la réalisation des planches. Le livre est loin d’être finalisé et il n’est pas encore sous presse, donc c’est difficile d’en parler.


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